segunda-feira, 4 de março de 2019

“Deux fois, deux mesures”, le christianisme, religion à abattre

Aram Mardirossian

Entre le 28 janvier et le 10 février, une dizaine d'églises ont été profanées ou vandalisées en France dans un grand silence médiatique. Des attaques qui reflètent une haine bien spécifique du christianisme, dénonce le professeur agrégé des facultés de droit à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Photo: A.M./PRESSE

Les éternels naïfs déplorent à juste titre le récent accroissement des actes antisémites en France. On récolte ici les fruits de décennies d’idéologie anti-raciste qui a largement muté en islamo-gauchisme. Néanmoins, s’il y a une religion à abattre aujourd’hui, ce n’est ni le judaïsme ni l’islam mais le christianisme. Les actes de profanation et de vandalisme qui ont souillé une dizaine d’églises ces derniers jours n’ont rien d’exceptionnel. En 2017, sur 978 lieux de culte dégradés, 878 étaient des édifices et sépultures chrétiens, soit une moyenne de 2,5 par jour !

Le silence assourdissant des médias et des politiques à ce sujet tranche avec leur empressement - au demeurant louable - à dénoncer toute atteinte à une synagogue ou à une mosquée. Plus généralement, il est de bon ton de railler le christianisme, de le mettre en accusation. Rémi Brague observe ainsi : « Le christianisme réussit donc, quant au progrès comme ailleurs, cette prouesse d’avoir toujours tout faux. Il est coupable de tout, mais aussi de son contraire. » Ce deux poids, deux mesures ne fait que refléter la haine - « misochristianisme » - plus que la peur - christianophobie qu’éprouvent certains à l’encontre de cette religion. Les racines de cette détestation sont profondes.

En Occident, à partir de l’époque moderne, l’idéologie des droits de l’homme - issue de la philosophie des Lumières - et le principe de laïcité qui constitue son bras armé juridique ont progressivement brisé le christianisme. En France, plus qu’ailleurs, le développement de la laïcité n’est pas le résultat d’une évolution naturelle qui la verrait prendre en douceur le relais du christianisme, mais l’issue d’une lutte implacable qui s’achève par son triomphe sur ce dernier. Ainsi, le christianisme apparaît comme une mère qui meurt en donnant naissance à un rejeton non désiré : la laïcité. Quant aux droits de l’homme, la majeure partie des principes qu’ils formulent ne font que reprendre des préceptes chrétiens, non sans les défigurer dans la plupart des cas.

Une alliance entre l’idéologie des droits de l’homme et les partisans d’un islam integral

Or, on observe aujourd’hui dans toute l’Europe occidentale une alliance plus ou moins explicite entre l’idéologie des droits de l’homme - qui est devenue une véritable religion séculière - et les partisans d’un islam intégral contre les « restes » du christianisme. Ici, chacun des deux alliés possède sa propre charia qu’il emploie de diverses manières contre l’adversaire commun. Tant sur le plan national qu’européen, il existe un véritable gouvernement des juges avec, comme prêtres suprêmes, les magistrats de la Cour européenne des droits de l’homme. Quant aux États, ils constituent, en l’occurrence, les bras séculiers chargés d’exécuter les sentences prononcées par les pontifes.

« Chassez le christianisme et vous aurez l’islam », avait prophétisé Chateaubriand. L’alliance qui unit les thuriféraires des droits de l’homme et les musulmans « intégralistes » est fondée uniquement sur l’existence d’un ennemi commun. Elle apparaît surtout contre nature car l’islam rejette viscéralement l’idéologie des droits de l’homme et la laïcité qui heurtent de front ses principes fondamentaux - en premier lieu, du fait que Dieu est spolié de ses droits par l’homme.

En réalité, l’affrontement entre les deux alliés a déjà commencé. Mais, aveuglés par une véritable haine de soi et une autoculpabilisation mortifère, les tenants des droits de l’homme occultent - plus ou moins consciemment - le danger qui guette. Obnubilés par leur rejet du christianisme, ils n’ont pas hésité à conclure une alliance qui ne pourra que s’avérer suicidaire.

À terme, l’Europe occidentale risque de connaître le même sort que l’Orient chrétien : être islamisée.

C’est aux chrétiens, et d’abord à l’Église, de défendre leur religion. Or, bien souvent les postures apparaissent pour le moins timides.

« Aide-toi, le ciel t’aidera. » Dénoncer l’ennemi ne suffit pas. C’est aux chrétiens, et d’abord à l’Église, de défendre leur religion. Or, bien souvent les postures apparaissent pour le moins timides. Ainsi, la réaction particulièrement discrète adoptée par la Conférence épiscopale en réponse aux dernières attaques contre des églises, qui viserait à « éviter les effets de surenchère », est symptomatique. Elle s’ajoute à une longue liste d’atermoiements ou de renoncements qui, loin d’attendrir l’adversaire, sont perçus comme autant de signes de faiblesse qui l’encouragent dans son combat. Pourquoi ce mutisme gêné sur l’extermination finale des chrétiens d’Orient perpétrée par l’État islamique et ses épigones ? Pourquoi cet irénisme sans limite s’agissant de l’assassinat du père Hamel qui a été égorgé en pleine messe dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray ?

Bien sûr le christianisme prêche le pardon, mais certainement pas au prix de sa propre disparition. Frédéric Saint Clair relève que le christianisme peut aussi être « une religion de combat, qui ne commande pas de se soumettre à la violence physique, brutale, sanguinaire […] , mais de la combattre, sans relâche, avec des armes cependant qui ne sont pas de ce monde ». Le Christ lui-même n’a « vaincu le monde » (Jean 16, 33) qu’au terme d’un combat. Ce faisant, ici comme ailleurs, il avait indiqué à ses disciples la voie à suivre.
Aram Mardirossian, Valeurs Actuelles, nº 4 291, du 21 au 27 février 2019

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