quarta-feira, 24 de julho de 2019

Sibeth Ndiaye: Mensonges de l’antiracisme d’opérette

Sa réponse à Nadine Morano pose problème

Aurélien Marq

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye œuvre au renforcement de la dictature des minorités en France. Quand on critique ses tenues loufoques, elle s’estime victime de racisme.

Photo: Blondet Eliot/POOL/SIPA
Rarement un gouvernement n’aura aussi naturellement fait la promotion de la censure, et affirmé sans fard l’interdiction de dire la vérité. Rarement le pseudo antiracisme politiquement correct aura aussi négligemment révélé qu’il est en réalité profondément… raciste. On peut remercier Sibeth Ndiaye d’avoir ainsi involontairement confirmé ce vrai visage de la macronie en accusant Nadine Morano de racisme !

Une prestation clownesque sur BFMTV
Lundi matin sur BFMTV, la porte-parole du gouvernement a déclaré que faire respecter les valeurs d’égalité et de fraternité implique « qu’on ne dise pas du juif qu’il est riche, parce qu’il y a un sous-jacent antisémite, ça implique qu’on ne dise pas de l’arabe qu’il est voleur, ou qu’on ne dise pas du noir qu’il est paresseux ou porte des tenues de cirque. 

Passons sur l’absence d’objectivité de BFMTV qui choisit son camp en qualifiant de racistes, sans guillemets ni analyse, les propos de Nadine Morano. Pour être honnêtes, reconnaissons qu’évoquer les origines sénégalaises de Sibeth Ndiaye pour critiquer sa tenue de la manière dont l’a fait la député européenne était pour le moins malvenu. Reste que quand la mère de Sibeth Ndiaye présidait le conseil constitutionnel du Sénégal, je doute qu’elle aurait toléré que quiconque vienne y siéger aussi mal habillé que l’est parfois sa fille pour parler au nom du gouvernement français.

Plus intéressante et bien plus inquiétante est l’affirmation décomplexée selon laquelle la défense des valeurs de la République imposerait le déni de réalité, le communautarisme, la police de la pensée, et un racisme insidieux mais bien réel.

Les bons sentiments « antiracistes »
Car enfin, quelle serait cette société où l’on ne pourrait pas dire d’un juif qu’il est riche, d’un arabe qu’il est un voleur, d’un noir qu’il est paresseux ou habillé comme un clown ? Pas besoin d’être grand clerc pour savoir que tous les juifs ne sont pas riches et que tous les riches ne sont pas juifs, mais qu’il y a des juifs riches ; que tous les arabes ne sont pas des voleurs et que tous les voleurs ne sont pas arabes, mais qu’il y a des arabes voleurs ; que tous les noirs ne sont pas paresseux et que tous les paresseux ne sont pas noirs, mais qu’il y a des noirs paresseux ! Ou, autre évidence trop souvent négligée, qu’il y a des blancs racistes, mais que tous les blancs ne sont pas racistes et que tous les racistes ne sont pas blancs…. Un type bien est un type bien, un salaud est un salaud, un voleur est un voleur, un paresseux est un paresseux, un raciste est un raciste, et qu’il soit juif, arabe, noir, blanc, jaune ou violet ne change rien à l’affaire.

Défendre l’égalité et la fraternité ne veut pas dire nier le réel pour faire semblant de vivre dans un monde où ces valeurs seraient évidentes. Cela veut dire, au contraire, avoir pleinement conscience du réel, oser voir ce que l’on voit et dire ce que l’on voit, et défendre ces valeurs parce qu’on les croit bonnes et justes non dans un monde idéal mais dans le monde réel, même si elles n’y sont pas toujours évidentes.

Et n’en déplaise à Sibeth Ndiaye, il faut affirmer que l’égalité des droits civiques et la fraternité républicaine s’étendent aux juifs riches, aux arabes voleurs et aux noirs paresseux, et non pas nier leur existence.

Petits et gros mensonges
Nous savions qu’elle « assume de mentir pour protéger le président ». Nous savons maintenant qu’elle considère que seul le déni de réalité constitue une parole politique légitime. Si quelqu’un en doutait encore après la loi contre les « fake news » et la loi Avia, la porte-parole du gouvernement l’affirme : le projet macroniste passe par la censure et le mensonge. Il s’inscrit dans la plus pure tradition de ce « progressisme » qui n’est en rien un progrès, mais un retour aux vieux démons poussiéreux et sinistres de la « déconstruction », ce gauchisme qui s’enthousiasma jadis pour Staline et Mao avant d’embrasser le politiquement correct et le multiculturalisme.

Ce n’est pas tout. Sous couvert de lutte contre le racisme, c’est bel et bien d’une idéologie raciste que Sibeth Ndiaye se fait la voix. Impossible pour elle de se demander si quelqu’un est riche ou pauvre, sans se demander d’abord s’il est juif ? Impossible de se demander s’il est un voleur ou un honnête homme, sans se demander d’abord s’il est arabe ? Impossible de se demander s’il est paresseux ou travailleur, sans se demander d’abord s’il est noir ? Juif, arabe, noir sont des catégories qui priment tout, des barrières que le regard n’a pas le droit de franchir.

Selon les propos de Sibeth Ndiaye, le juif, l’arabe, le noir ne sont pas avant tout des individus susceptibles d’avoir tout le panel des qualités humaines et des défauts humains, ce sont en priorité « le juif », « l’arabe », « le noir », identités indépassables et totalement déterminantes. Seul le blanc, puisqu’il semble que de lui on puisse tout dire, aurait accès à la gamme complète de ce qu’un humain peut-être, ce qui sous-entend très désagréablement que pour la porte-parole du gouvernement seul le blanc serait pleinement humain ! Paradoxe.

Stéréotypes racistes renforcés
Plus encore. Si l’on ne peut pas dire du juif qu’il est riche, mais que l’on peut tout dire de lui à part qu’il est riche, et que l’on peut dire de tous les non-juifs qu’ils sont riches s’ils le sont, alors cela signifie qu’il y a une relation particulière entre la judéité et la richesse, et que toute parole politique pour être légitime doit connaître, reconnaître et diffuser en creux ce lien spécifique. Il n’est plus question de se libérer des stéréotypes, mais au contraire de les avoir en permanence présents à l’esprit et de les transmettre ! Car même les classer dans la catégorie de « ce qu’il ne faut pas dire » revient en fait à les perpétuer.

Une dernière chose. Dans la même interview, Sibeth Ndiaye a également déclaré : « Le racisme, ce n’est pas seulement de dire « tu es noir et tu es bête », c’est d’avoir des propos sous-jacents qui donnent des stéréotypes (….) de la même manière qu’on pourrait l’avoir sur des gens qui sont homosexuels ou sur tous les types de personnes qui sont susceptibles de subir des discriminations. »

Première erreur : dire « tu es noir et tu es bête » n’est pas du racisme. Le racisme serait de dire « tu es noir donc tu es bête », « tu es bête parce que tu es noir. »

Deuxième erreur : assimiler toutes les discriminations au racisme. C’est une instrumentalisation de la véritable lutte contre le racisme pour mettre dans le même sac tout ce que l’on qualifie de « discriminations », et qui recouvre pourtant des réalités très différentes, du rejet des homosexuels, qui est effectivement une discrimination odieuse et condamnable, à la distinction politique entre citoyens et résidents, qui est une condition nécessaire à l’exercice de la démocratie républicaine.

Universalité, j’écris ton nom
Toutes les pseudo-discriminations ne sont que des occasions de servir l’agenda de revendications communautaristes et de flatter des susceptibilités arrogantes. Sous prétexte de lutter contre la tyrannie de la majorité il s’agit d’instaurer la dictature des minorités, dont les membres finissent par se voir comme une caste supérieure qu’il serait interdit de critiquer, et dont la victimisation fonderait la supériorité morale, nouvelle source de souveraineté politique au détriment de la souveraineté populaire démocratique.

Rien à voir avec les véritables discriminations, celles qui méritent vraiment ce nom, celles qu’il faut combattre, qui reposent toutes sur le même fond abject : la négation de l’universalité de la nature humaine.

Universalité qui fait qu’un juif puisse être riche, mais aussi pauvre, qu’un arabe puisse être voleur, mais aussi honnête, qu’un noir puisse être paresseux, mais aussi travailleur. Universalité qui fait que nous pouvons nous faire une opinion de quelqu’un en nous basant sur ses actes, ses propos, ses idées et les causes qu’il défend, et en parler sans devoir nous demander d’abord s’il est juif, arabe, noir, blanc, homosexuel, hétérosexuel, homme, femme, riche, pauvre ou que sais-je. Non que cela soit nécessairement totalement sans importance : ce sont des éléments qui peuvent aider à comprendre le cheminement d’une vie, la façon dont s’est élaborée la vérité d’un être et la manière dont finalement elle s’exprime. La culture, l’éducation, le contexte peuvent favoriser l’épanouissement de certains traits de caractère, et en freiner d’autres. Mais comparés à la réalité profonde de la personne, à ses vertus et à ses vices, à sa part de lumière et à sa part d’ombre, cela reste et doit rester secondaire. Et on remarquera que la survalorisation systématique des « minorités opprimées » au détriment de la « majorité oppressive », avec tout ce qu’elle comporte d’assignations identitaires et de refus des nuances, est elle-même une négation de l’universalité de notre nature, et ne peut donc que nourrir les discriminations véritables.

Si vous n’aviez pas encore compris que Macron, c’est la gauche…
Quand aux « propos sous-jacents », s’il serait absurde de nier la force que peuvent avoir les sous-entendus et les messages implicites, la volonté de les traquer en permanence et la tentation de les voir partout évoque plus les commissaires politiques que l’état de droit. Autre aspect de la filiation intellectuelle entre le soi-disant « progressisme » et l’héritage mal liquidé des vieux totalitarismes de gauche.

L’affirmation résolue de l’universalité de la nature humaine est le seul véritable anti-racisme, et la seule réponse valable aux discriminations quelles qu’elles soient. Aucune couleur de peau, aucune origine ethnique ou géographique, aucun sexe, aucune orientation sexuelle ne suffisent à préserver du risque de la bassesse, ni à l’excuser. Aucune couleur de peau, aucune origine ethnique ou géographique, aucun sexe, aucune orientation sexuelle ne suffisent à priver du potentiel de la grandeur, ni à la ternir. Ainsi que le chante l’aède depuis trois millénaires, « cet étranger, tout comme toi, est enfant de Zeus. »

Hélas ! Pour jupitérien que se veuille Emmanuel Macron, la macronie semble bien avoir oublié cette leçon du véritable Jupiter.
Aurélien Marq, Causeur, 24-7-2019

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