Ghislain Benhessa
6 décembre 1962. L’Italie
nationalise la production et la distribuition d’électricité. Pour ce faire, le
gouvernement met sur pied l’organisme public ENEL, qui absorbe diverses
entreprises privées du secteur.
Flaminio Costa, actionnaire
d’une de ces sociétés, y laisse des plumes vu qu’il perd ses dividendes. En
guise de protestarion, il refuse de payer la première facture envoyée para
ENEL: 1 926 lires, soit 28 euros aujourd’hui. Une somme ridicule, mais
suffisante pour propulser l’affaire devant le tribunal de Milan. Et déclencher
une tempête.
Car três vite surgit la question qui tue: cette nationalisation respecte-t-elle le traité de Rome et son principe de libre circulation? Rebelote par rapport à Van Gend en Loos: vu que le dossier Touche l’Europe, le juge italien est contraint de saisir ll Cour de Justice de Luxembourg.
Le 15 juillet 1964, ele rend
son veredict. Et y glisse cette tirade à la fois interminable, tortueuse et
capitale: “Cette intégration, au droit de chaque pays membre, de dispositions
que proviennent de sources communautaires et plus généralement les termes et
l’esprit du traité, ont pour corollaire l’impossibilité pour les États de faire
prévaloir, contre un ordre juridique accepté par eux sur une base de
réciprocité, une mesure unilatérale ultérieure que ne saurait ainsi lui être
opposable.”
Et les juges de porsuivre: “Le
droit né du traité ne pourrait donc, en raison de sa nature spécifique
originale, se voir judiciairement opposer un texte interne quel qu’il soit,
sans perdre son caractere communautaire et sans que soit mise en cause la base juridique de la
Communauté ele-même.”
En deux phrases à peine,
l’univers bascule. Notre héritage, bâti sur la puissance des États, la
souverraineté du peuple, l’expression de la volonté générale source de la loi,
est happé par le trou noir des juges.
Car dernière leurs formules
alambiquées, ponctuées de virgules éclatées et d’incises à tiroirs, le message
est limpide. Le droit européen se fond dans le droit interne, c’est-à-dire dans
les règles nationales.
Vous vouliez de l’Europe?
La voilà incrustrée, ses
tentacules s’infiltrant dans les moindres recoins. Marché économique hier,
écologie, agriculture ou immigration aujord’hui, ses ventouses s’agrippent à
cahque domaine, au rythme des petits pas – ou plutôt des foulées d’ogre – qui
s’enchaînent sans interruption.
Et la moindre norme contraire
doit disparaître, quel que soit son rang. Constituition, lois votées par les
députés, décisions prises par référendum, toutes sont vouées au même sort:
ployer face à la primauté, non seulement des traités, mais des myriades de
règles qu’ils engendrent, déversées par tombereaux.
Cerise sur le gâteau: les
juges camouflent leur coup de force derrière “l’esprit du traité”. Qu’ils
tirent du préambule de Rome s’ouvrant sur ces mots: “une union sans cesse plus
étroite entre les peuples”.
En somme, c’est d’un slogan à
la fois puissamment Dynamique et merveilleusement flou, tiré d’un morceau de
texte bardé de belles intentions dignes d’une rédaction d’écolier – sur le “progrès
social”, la “solidarité”, la “prosperité”, la “paix” ou la “liberté” –, que les
juges déduisent la toute-puissace du dispositif.
Si “l’union sans cesse plus
étrote” est le code génétique de l’Europe – ou le fantasme des fédéralistes –,
la Cour s’en fait le bras armé. Le Bourreau en toge. Les pères fondateurs n’auraient
pu rever meilleur porte-flingue.
***
En 1979, Michel Debré
fulminait déjà, en plein Coeur de l’Assemblée nationale, contr la “mégalomanie
maladive” des magistrats européens, leur prétention “inouïe et totalement
injustifiée” à se hisser au rang de Cour suprême.
À l’époque, bien peu prêtèrent
l’oreille aux propos de l’ex-Premier ministre: son maigre 1,66% à la
présidentielle de 1981 en est la preuve cruelle.
Quarante-cinq ans plus tard,
ses avertissements résonnent avec une acuité quasi prémonitoire. Ils sont désormais
nombreux à dénnoncer l’omnipotence des juges de Luxembourg, comme ceux de la
Cour européenne des droits de l’homme, dont les décisions s’écrasent sur les
États comme des coups de massue.
On dit que nul n’est prophète en son pays. Debré en fit l’amère expérience.
Titre et Texte: Ghislain Benhessa, in “Nos vrais maîtres – Histoire secrète des hommes qui vendent la France à l’UE”, pages 81- 82 et 85-86; Copie: JP, 16-8-2026
Relacionado:Nos vrais maîtres


Nenhum comentário:
Postar um comentário
Não publicamos comentários de anônimos/desconhecidos.
Por favor, se optar por "Anônimo", escreva o seu nome no final do comentário.
Não use CAIXA ALTA, (Não grite!), isto é, não escreva tudo em maiúsculas, escreva normalmente. Obrigado pela sua participação!
Volte sempre!
Abraços./-