segunda-feira, 12 de outubro de 2020

Les médias mainstream, caisse de résonance de l’État profond

Dès qu’on aborde la question de l’influence de l’État profond dans les médias, ses chiens de garde vous qualifient de «complotiste» et de «fasciste-faisant-le-lit-du-RN». Pourtant, les citoyens voient bien qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume clinquant, sans en connaître forcément tous les dessous. Intéressons-nous à la seule vérité des faits, à travers quelques cas concrets et emblématiques. 


Didier Maïsto 

À l’heure où le nouveau gouvernement ressemble à s’y méprendre à un casting de téléréalité, il est primordial d’analyser les mécanismes sophistiqués de la fabrication massive d’un consentement. Rappelons d’emblée que la France n’est plus que trente-quatrième dans le classement 2020 pour la liberté de la presse réalisé par Reporters sans Frontières, tombant ainsi, année après année, de Charybde en Scylla. Loin d’être farfelu, ce classement est une enquête sérieuse, fondée via un ensemble de critères précis et documentés, sur une appréciation du pluralisme, de l’indépendance des médias, de la qualité du cadre légal et de la sécurité des journalistes. 

Alors que les sempiternels éditorialistes de salon et les speak-rien du mainstream rivalisaient de propos orduriers pour qualifier les Gilets jaunes – et à leur suite les autres manifestants, avant de les réhabiliter dans une catharsis ritualisée tous les soirs à 20 heures – les rares journalistes indépendants, qui eux étaient sur le terrain, ont été réprimés de façon inédite : empêchés de filmer, intimidés, embarqués sans ménagement par les forces de l’ordre, placés en garde à vue, relâchés la plupart du temps à la fin des manifestations, sans même un rappel à la loi. Seule la « Vérité Officielle » devait être diffusée, quand elle n’était pas fabriquée de toutes pièces par l’exécutif, comme on l’a vu lors de l’affaire de la pseudo attaque de la Pitié-Salpêtrière. 

LA MANIPULATION DE L’OPINION 

Comment en est-on arrivés là  ? Comment est-ce possible dans un pays ayant pour devise « Liberté-Égalité-Fraternité »  ? C’est simple  : 85% des chaînes de télé sont aux mains de groupes qui dépendent de marchés publics. Au surplus, 51% des médias, tous supports confondus, comptent organismes financiers, banques et assurances à leur capital. Il est devenu extrêmement difficile de tracer leur véritable actionnariat, tant les fantômes qui les contrôlent ont mis en place écrans de fumée et myriades de structures aussi complexes qu’opaques. 

Comme le rappelle Reporters sans Frontières, en France, le nombre moyen de rangs d’actionnariat pour la presse écrite et en ligne est de 2,5 et les médias se caractérisent par six nœuds d’actionnaires (on entend par « rang » le nombre d’intermédiaires entre le média et l’actionnaire final). La complexité de l’actionnariat est capturée par le nombre total de « nœuds » définissant cet actionnariat. Un grand nombre de nœuds à un niveau d’actionnariat donné peut simplement témoigner du pluralisme de l’actionnariat  : de nombreux actionnaires possédant chacun une petite part du capital… 

Conséquences de ce brouillard  ? Juste avant la présidentielle, le temps s’est soudainement éclairci et Emmanuel Macron a été présenté par l’ensemble de la presse mainstream comme le « candidat antisystème » alors qu’il en est l’archétype. Les montants des subventions versées aux journaux venaient en outre d’être publiés par le ministère de la Culture. Édifiant  ! Voici le quatuor de tête pour les aides versées en 2015 (400 millions d’euros par an au total)  : 

• Aujourd’hui en France (Bernard Arnault) 
– Montant de l’aide  : 7 770 562 euros

• Libération (Patrick Drahi)
– Montant de l’aide  : 6 499 414 euros

• Le Figaro (Serge Dassault)
– Montant de l’aide  : 6 456 112 euros

• Le Monde (Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse)
– Montant de l’aide  : 5 438 216 euros. 

Ce sont déjà plus de 26 millions d’euros d’argent public que se partagent chaque année ces quatre publications censées assurer « le pluralisme des opinions » ( !) et dont les actionnaires sont, c’est bien connu, dans le besoin. Quand le système d’aides subventionne dans de telles proportions des médias de premier plan qui, à leur tour, soutiennent un candidat prétendument disruptif avec autant d’ardeur et si peu de précautions, n’est-on pas déjà dans la manipulation de l’opinion  ? La réponse est évidente. 

Dans l’audiovisuel, les manipulations sont d’une tout autre envergure, médias de masse oblige (les journaux, en dépit des aides colossales de l’État, ont vu leurs ventes en kiosque reculer de manière significative et continue depuis plus de dix ans et la descente aux enfers n’est pas terminée). Prenons un autre exemple  : le 18 octobre 2011, le CSA lance un appel à candidatures afin d’attribuer les six derniers canaux de la TNT. Le groupe indépendant auquel j’appartiens (Fiducial) décide d’y participer. Notre idée est de proposer une chaîne d’intérêt général axée sur les documentaires et les débats, où tous les sujets qui captivent les Français seront abordés sans langue de bois. Au bout d’une quinzaine de jours, je me rends compte que les dés sont pipés  : les chaînes sont déjà distribuées et l’appel d’offres est tout simplement bidon  ! 

Le tout-Paris bruisse  : « Pascal Houzelot va avoir sa chaîne, TVOUS la Télédiversité » (qui sera transformée en Numéro 23, puis en RMC Story). Sidération. Houzelot, inconnu célèbre, ex-lobbyiste de TF1 et âme damnée d’Étienne Mougeotte, à la fois proche d’Alain Juppé, de François Hollande et de Pierre Bergé (et aujourd’hui du couple Macron), est bien connu du CSA, qu’il a déjà planté avec Pink TV, une soi-disant chaîne culturelle destinée à la communauté gay, qui deviendra rapidement une chaîne pornographique payante basée aux Pays-Bas. 

Seulement voilà, les dîners chez Pascal Houzelot sont courus, le gratin people vient s’y admirer et s’y congratuler dans un œcuménisme qui ferait rosir le Vatican  : Emmanuel et Brigitte Macron, Manuel Valls et Anne Gravoin, Fleur Pellerin (ex-ministre de la Culture reconvertie dans la finance), Franck Riester (actuel ministre délégué au Commerce extérieur), Bernard Arnault (LVMH), François-Henri Pinault (Kering), Alexandre Bompard (Fnac), Stéphane Richard (Orange), Xavier Niel (Free), Valérie Bernis (GDF-Suez), Marc-Olivier Fogiel, Bertrand Méheut (Canal Plus), Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, Étienne Mougeotte (TF1, Fig Mag), Alain Weill (BFM), Patrick de Carolis (France Télévisions et aujourd’hui maire d’Arles), Michel Boyon et Olivier Schrameck (présidents successifs du CSA), Claire Chazal et tant d’autres, journalistes, avocats, magistrats, acteurs, conseillers d’État… 

ESPECES SONNANTES, MAIS PAS TRÉBUCHANTES 

Quant aux fonctionnaires du CSA, ils sont vent debout. Houzelot va leur refaire le coup de Pink TV, protégé et encouragé par des politiciens corrompus et un régulateur peu regardant, avec des lignes de crédit assurées par la crème du CAC 40 (Arnault, Niel, Naouri, Veyrat, Granjon ou encore Biard), mais aussi par l’ex-émir du Qatar, Al Thani, argentier du PSG, huitième fortune mondiale, proche de Nicolas Sarkozy, dont le président du CSA de l’époque, Michel Boyon, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, n’est qu’une courroie de transmission, et enfin par un oligarque ouzbéko-russe, Alisher Usmanov, argentier d’Arsenal, ancien patron de Gazprom, première fortune britannique, septième fortune russe. Tous passionnés par la diversité et la cohésion sociale de la société française ! 

Ils alimenteront la vraie-fausse chaîne de télé le temps d’une revente rapide – la masse salariale et les programmes étant proches de zéro, il s’agit essentiellement d’assurer les frais de diffusion. Cette fois, en façade, il ne faut plus se contenter de lutter « culturellement » contre les discriminations sexuelles, mais d’être plus volontariste et de tordre le cou à « toutes les formes de discrimination ». Bref, l’arnaque. Mais l’arnaque qui a de la gueule, difficilement attaquable, sous peine d’être taxé d’« homophobie », de « racisme » ou encore de « populisme ». 

La stratégie est habile : une même main a rédigé la convention de la chaîne, qui pourra se revendre au bout de deux ans et demi, et un pacte d’actionnaires frauduleux, en miroir de ladite convention, avec de l’argent transitant notamment par Chypre et le Qatar. Quant à Pascal Houzelot, il n’investira que 11 000 euros dans ce « projet » qui devait révolutionner la société française, pour empocher au final plus de 88 millions d’euros, sans talent particulier, sinon ses réseaux ! Sacrée martingale. 

Même si le CSA est devenu depuis une « autorité administrative indépendante », rien n’a changé, c’est toujours le règne de l’entre-soi et de la connivence. Et c’est toujours l’Élysée qui décide ! Ainsi, aujourd’hui, les trois candidats à la présidence de France Télévisions – Christopher Baldelli, Thierry Thuillier et Delphine Ernotte-Cunci – se sont-ils rendus à la présidence de la République avant de présenter leur projet au CSA. Quelques années plus tôt, Patrick Buisson, alors principal conseiller du président Sarkozy, ne m’avait-il pas confié, devant témoin : « Le CSA ? Pff ! Quand le président de la République dit quelque chose, le président du CSA écoute et s’exécute ! » Pour une fois que quelqu’un le reconnaissait officiellement… 

L’ARGENT DE LA TÉLÉ

 C’est qu’il y a beaucoup d’argent à gagner à la télévision, pour qui sait s’attirer les grâces du pouvoir et manier avec dextérité la brosse à reluire. Bref retour en arrière  : le 6 avril 1987, le groupe Bouygues est choisi par la CNCL (Commission nationale de la communication et des libertés, ancêtre du CSA) comme nouvel opérateur de la chaîne TF1, dont il devient actionnaire au sein d’un noyau dur qui représente 50% du capital. La première et la plus ancienne chaîne de télévision française est privatisée le 15 avril suivant et entre en bourse le 24 juillet de la même année. Conséquence directe  : les salaires explosent. Et le service public lui emboîte le pas. Les animateurs vedettes des chaînes publiques créent progressivement leur propre société de production et facturent leurs prestations. Les sommes deviennent vite astronomiques. 

Pour ne pas perdre de l’audience, les chaînes publiques (rendues dépendantes par les animateurs précités) sortent leur chéquier et alignent les zéros. Ce qui nous donne le droit inestimable d’ingurgiter des magazines, des jeux et des séries qui participent chaque jour davantage à la crétinisation de masse. Au moins, avec Patrick Le Lay, ex P.-D.G. de TF1, c’était beaucoup plus clair  : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible », affirmait-il en 2004. 

Quant aux petits producteurs, ils sont de plus en plus malmenés à la télévision. Seuls les gros résistent, en devenant toujours plus gros  : Endemol a même fini par fusionner avec Shine, pour se faire racheter par Banijay, une holding de dimension internationale présidée par Stéphane Courbit, présente dans seize pays en Europe, aux États-Unis, en Russie, en Inde, en Australie et en Nouvelle-Zélande. 

Banijay Group est détenu à 31% par LOV Group (Financière LOV), à 30,9% par DeA Communications (De Agostini Group), à 28,4% par Vivendi et à 9,7% par certains de ses managers, dont l’animateur Nagui. N’oubliez pas les paroles… ni les chiffres. 

Ce processus mondialisé fonctionne exactement comme dans les secteurs de l’alimentation et de la big pharma  : du poison produit en quantité industrielle, des pathologies associées toujours plus graves et plus nombreuses, des petits producteurs et des « patients » qui finissent par crever, après une lente agonie. Puis des commissions d’enquête qui font pschitt. Ce qui est choquant du point de vue du service public (quand on sait qui produit réellement et à quel prix), c’est la grande médiocrité des programmes. Évoquez cette question dans le petit cénacle de l’audiovisuel et vous obtiendrez peu ou prou cette réponse pavlovienne  : « Tout le monde dit “regardez Arte”, mais la vérité, c’est que les gens sont complètement cons. Il vaut mieux miser sur la connerie, au moins ça rapporte. » Quand on vous dit que ces gens-là adorent le peuple. 

MEDIAMÉTRIE  : LE NERF DE LA GUERRE 

Pour éviter que le gâteau soit partagé avec de (très éventuels) nouveaux acteurs, ces cow-boys de la pâtisserie sous-vide ont dégainé l’arme fatale : Médiamétrie, « société anonyme spécialisée dans la mesure d’audience », autrement dit le nerf de la guerre ! À l’époque du numérique, de la délinéarisation des programmes et des podcasts, Médiamétrie continue de mesurer l’audience des radios via du déclaratif, c’est-à-dire via d’improbables appels sur téléphone fixe, avec moins d’un répondant sur cent. Médiamétrie a fini par reconnaître qu’elle ne parvenait plus à mesurer l’audience dans les villes de moins de 55 000 habitants, faute de panels représentatifs. Mais qu’importe, elle continue de faire la pluie et le beau temps en produisant des mesures qu’elle garantit elle-même. La vérité si je mens ! 

Encore un cas concret, sinon d’école : en tant que responsable de Sud Radio – que Fiducial Médias a racheté en octobre 2013 –, je me suis rendu plusieurs fois au siège de l’institut afin que l’on m’explique par le menu une méthodologie à propos de laquelle je nourrissais de sérieux doutes. Las ! Plus on m’expliquait, moins je comprenais, entre abscisses, ordonnées et autres asymptotes délirantes. Sud Radio, station historique, a failli disparaître au début des années 2010. Alors qu’elle diffusait de la (mauvaise) musique de façon aléatoire, elle était mesurée plus haut que lorsque nous l’avons dotée d’une grille digne de ce nom. Que mesurait donc Médiamétrie quand il n’y avait plus de programmes et quels étaient les hypothétiques auditeurs répondant aux fumeux questionnaires ? Mystère. 

Ce qui est certain, c’est que les (rares) auditeurs sondés se sont plaints et nous l’ont fait savoir (tout a été constaté par huissier et l’affaire est en Cassation). Tout d’abord ceux qui ont été sondés par téléphone : les principales radios des diverses zones d’écoute ont été citées « en assisté » par les enquêteurs… sauf Sud Radio. Les sondés ont vivement protesté après avoir découvert que leur station ne figurait pas davantage dans le « panel radio » Île-de-France, étude censée être plus précise et plus fiable, que l’auditeur prend le temps de remplir chez lui. 

Pourtant, la station étant bel et bien une généraliste française, au même titre que RTL, Europe 1 et RMC, le Conseil d’État a tranché la question. Le CSA a évidemment et logiquement intégré son appartenance à la catégorie E (services radiophoniques généralistes à vocation nationale). Elle dispose comme ses consœurs d’une fréquence en Île-de-France (99,9 MHz) qui constitue la moitié de son bassin d’auditeurs potentiels. Alors que des stations nettement plus confidentielles sont proposées dans le panel Médiamétrie, Sud Radio n’y figure pas. C’est aussi simple (et inouï) que ça. 

L’auditeur qui cite Sud Radio dans les différentes enquêtes est incontestablement un héros, car tout est fait pour ignorer la station et décourager ses fidèles. Cela ne serait pas grave s’il n’était question que de notre ego et si Médiamétrie ne faisait pas « autorité ». Problème : c’est bien à partir de ses seules mesures fantaisistes qu’est calculé le chiffre d’affaires, redistribué via le GIE Les Indés Radios à ses 130 adhérents (dont Sud Radio). 

C’est d’ailleurs pour les stations privées l’unique source de revenus. Un auditeur « vaut » environ huit euros et l’audience du GIE, commercialisée par TF1 Publicité, se base sur les seules « études » de Médiamétrie pour attribuer à chacun de ses adhérents la quote-part censée lui revenir en fonction de son audience. Le GIE revendique environ 8,5 millions d’auditeurs par jour et un peu plus de 15,5% de part d’audience (ce qui en fait la première audience française). Médiamétrie n’hésite pas au passage à se présenter comme chargée d’une mission de service public, représentant l’intérêt collectif de l’ensemble des radios et garantissant la transparence et l’exactitude « scientifique » des méthodes de mesure qu’elle utilise. 

En 2016, un autre scandale avait impliqué Fun Radio et confirmé l’absence de fiabilité des dites mesures : Le Canard enchaîné s’en était largement fait l’écho, dénonçant de surcroît l’inaction de l’institut de sondages après la révélation publique de la manipulation. 

Sur son site Internet, toute honte bue, le sondeur affirme que son indépendance est assurée par son mode de fonctionnement et la composition de ses organes, quand ces éléments seraient a contrario de nature à faciliter la survenance de conflits d’intérêts et de comportements partiaux favorisant certains acteurs du marché, à la fois membres dirigeants de la société, souscripteurs et consommateurs de ses enquêtes, défavorisant par là même d’autres radios absentes et non représentées au sein de l’institut. 

Ainsi, quand elle affirme « représenter tous les acteurs du marché », Médiamétrie ment effrontément : elle dispose d’un conseil d’administration au sein duquel ne sont représentées que Radio France, RTL et NextRadioTV. Radio France comprend huit stations, RTL en possède trois et NextRadioTV deux (RMC et BFM Business). Bien entendu, je ne porte pas d’accusation contre ces stations, mais je constate simplement que les treize radios présentes au conseil d’administration de Médiamétrie ne représentent que 1,44% des 900 radios émettant en France. 

Il convient de préciser qu’Europe 1, RTL et RMC sont membres du Syndicat des radios généralistes privées (SRGP) et savent s’allier quand il s’agit de faire barrage à tout nouvel entrant. J’ai rencontré Christopher Baldelli (déjà cité, à l’époque responsable de RTL) à deux reprises afin d’adhérer à ce syndicat puisque, sur les quatre généralistes, seule Sud Radio n’y siège pas. Il m’a été opposé une fin de non-recevoir, au motif que « les décisions se prennent à l’unanimité et non à la majorité et qu’à trois c’est déjà compliqué ». La démocratie a ses limites, qui semblent être celles… de la démocratie : pas question de faire partie de ce « panel » non plus. Fermez le ban ! 

Médiamétrie s’enorgueillit enfin de l’existence d’un organe de contrôle interne pour assurer la qualité de ses services, leur amélioration permanente et ainsi obtenir la confiance de ses clients potentiels. Or, il est évident que tout audit doit être réalisé par des sociétés tierces, indépendantes et exerçant leur contrôle en toute objectivité. Résumons-nous : le sondeur prétend mesurer « scientifiquement » ses actionnaires, mais aussi ses clients externes, tout en s’autocontrôlant ! Voilà un outil parfait pour la Corée du Nord, du producteur au consommateur en passant par le contrôleur, tout est fait maison : rien ne se perd, rien ne se crée et tout se transforme. La transformation finale, on l’a vu, constituant le chiffre d’affaires des radios privées. CQFD : ce qu’il fallait démontrer, ce qu’il faut dénoncer. 

LE CHARME DISCRET DES CONFLITS D’INTÉRÊTS 

Voilà, au travers de quelques cas concrets, vécus de l’intérieur, ce qu’est la corruption d’amont en aval et comment elle s’organise ; voilà comment se comporte cette oligarchie, qui est le donneur d’ordres. Nous pourrions multiplier les exemples et les anecdotes sur des milliers de pages pour en arriver à la même conclusion : il s’agit là du grand-œuvre d’un petit groupe de personnes, une alliance entre le pouvoir politique (quel qu’il soit), le CAC 40 (dont moins d’un quart des effectifs sont salariés en France), les médias (qui ne sont que leur propre caisse de résonance) et quelques magnats étrangers, venus rendre de menus services aux « élites françaises », sans doute parce qu’ils adorent la démocratie et les droits de l’homme. On comprend mieux pourquoi l’idée même de nation leur est insupportable : pas bon pour leur business, ça ! Reconnaissons que cette diabolisation a fonctionné durant des décennies et que la tendance est en train de s’inverser, tant les citoyens ont pris conscience, avec le Covid-19, de notre dépendance, notamment à la Chine, dans la plupart des secteurs stratégiques. 

En réalité, il n’y a plus ni droite ni gauche depuis longtemps, en tout cas pour ce qui concerne les partis autoproclamés « de gouvernement » et les prétendus médias pluralistes qui en constituent la sous-classe servile. Tout n’est plus que positionnement marketing, surtout depuis l’Europe de Maastricht et l’explosion à responsabilité partagée du nombre de travailleurs pauvres, que l’on gave de produits bas de gamme mondialisés, en sollicitant leur moindre seconde de cerveau disponible. Emmanuel Macron, Pinay capricieux de la start-up nation, jeune de l’ancien monde et déjà cacique du nouveau, l’a seulement objectivé avec son baby-mouvement En Marche, trouvant enfin un petit nom mignon à cette social-démocratie en gestation depuis le milieu des années 1980. 

C’est un fait indéniable : l’État profond tient les médias, laisse courte, par la distribution d’aides publiques à la presse, par sa maîtrise totale et absolue des canaux audiovisuels, par l’influence qu’il exerce sur l’autorité judiciaire à tous les niveaux et selon le timing qui l’arrange, et enfin par l’autocensure des journalistes qui ne peuvent plus exercer leur métier en dehors des clous galvanisés de ce mondialisme effréné, sous peine de licenciement immédiat. Bienvenue dans le monde de la désinformation, bienvenue dans la France de 2020 – ou de ce qu’il en reste. 

Titre et Texte: Didier Maïsto, FRONT POPULAIRE, nº2, automne 2020

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