Chers amis,
Je souhaite vous informer
d’une décision judiciaire qui me concerne directement et qui marque, selon moi,
un tournant extrêmement préoccupant pour la liberté d’enquêter et de publier en
France.
Je viens d’être condamné à six mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende et de dommages et intérêts à la suite d’une enquête publiée par Frontières sur le business de l’immigration et, notamment, sur le rôle de certains acteurs du droit des étrangers dans le système migratoire.
Cette décision est d’autant
plus incompréhensible que nous n’avons jamais été condamnés pour diffamation
dans cette affaire. Face à notre enquête, de nombreuses plaintes ont été
déposées. Nous avons remporté les procédures engagées sur le terrain du droit
de la presse.
Pourtant, certains ont choisi une autre voie en
s’appuyant sur la loi dite « Samuel Paty », un texte conçu à l’origine pour
lutter contre les campagnes de haine ayant conduit à l’assassinat d’un
enseignant.
AUJOURD’HUI, CETTE LOI EST
UTILISÉE CONTRE UN JOURNALISTE POUR SON TRAVAIL D’ENQUÊTE.
Je considère cette décision comme une grave dérive. Car si publier une enquête documentée sur un sujet d’intérêt public peut conduire à une condamnation pénale, alors c’est la capacité même des journalistes à enquêter sur certains sujets sensibles qui est remise en cause.
Le message envoyé est clair :
demain, enquêter sur certains acteurs de l’immigration pourrait devenir un
risque judiciaire majeur. Et si cette logique s’installe, c’est l’ensemble du
débat public qui s’en trouvera fragilisé.
Avec mes avocats, Maître Frédéric Pichon et l’ensemble de notre
défense, nous avons décidé de faire appel. Nous contestons cette décision et
nous irons jusqu’au bout.
Je veux également rappeler une
chose : nous ne céderons ni à l’intimidation ni à la peur. Depuis des années,
nous faisons face à des procédures, à des campagnes de dénigrement et parfois
même à des menaces très graves. Pourtant, nous avons continué à travailler, à
enquêter et à publier.
Aujourd’hui plus que jamais,
nous avons besoin de votre soutien. Vous pouvez nous aider de plusieurs façons
:
• En relayant cette affaire autour de vous et sur les
réseaux sociaux ;
• En dénonçant ce que nous considérons comme une atteinte
à la liberté d’informer ;
• En vous abonnant à Frontières pour soutenir un
journalisme indépendant ;
• En contribuant financièrement à notre combat si vous en
avez la possibilité.
Je vous fais une promesse
simple : cette condamnation ne nous fera pas taire.
Nous continuerons à enquêter.
Nous continuerons à publier. Nous continuerons à défendre le droit d’informer
et le droit de débattre librement.
Merci pour votre confiance et
votre soutien.
Erik Tegnér
Directeur de la rédaction
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