sábado, 16 de novembro de 2019

Les démons de la droite

François d’Orcival

La France est-elle encore un pays de droite où la gauche ne peut gagner que par accident ? Il n'empêche : la droite y est aujourd'hui bien malade…

Il n'est pas exagéré de dire que la droite est, pour la première fois de son histoire, en danger de mort. Cette phrase de Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, ne suscite-t-elle pas aussitôt une autre question : et la gauche ? Où était cette gauche, ce dimanche 10 novembre dans les avenues de l'est de Paris, quand une partie d'elle-même, CGT, Parti communiste et France insoumise, défilait pour soutenir tant de jeunes musulmanes voilées, d'adolescentes portant des étoiles jaunes en les détournant de leur sens, de manifestants appelant à scander “ Allahu akbar !” sur leurs haut-parleurs ? La gauche n'est-elle pas elle aussi en train de mourir politiquement - découpée, tronçonnée, éparpillée ? Sans doute, mais si la droite sait qu'elle ne tombera pas dans les mêmes travers, il n'empêche qu'elle est bien malade.

« La France est un pays de droite où la gauche ne peut gagner que par accident » , disait François Mitterrand qui ne se trompait guère à ce propos. La France a-t-elle changé depuis ? Dans un livre très fort qu'il vient de publier ( la Malédiction de la droite , Perrin), Guillaume Tabard note que la droite se meurt aujourd'hui parce qu'elle « ne s'aime pas ». Longtemps même, jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Édouard Balladur, sous Mitterrand, puis de Nicolas Sarkozy, « elle se désignait alternativement comme “majorité” ou “opposition” » (selon qu'elle était au pouvoir ou pas). « C'est la gauche qui faisait claquer le mot “droite” comme on montre du doigt un pestiféré. »

La gauche était chez elle dans les arts et la culture, les médias, les associations, l'Éducation nationale et l'Université… La droite était donc ailleurs, sur d'autres théâtres, abonnée à des cycles économiques contraires, condamnée aux reculs, ce qui, enchaîne Guillaume Tabard, « a entaché sa crédibilité, et désespéré ses électeurs ». Elle passait de l'espoir à la déception, de celle-ci à la nostalgie, « triste triptyque » 

Elle avait pourtant retrouvé toute son ardeur à la fin de la présidence de François Hollande, il y a exactement trois ans. Hollande s'était mis hors jeu, en même temps que la gauche. À cinq mois de la présidentielle, la France ne bougeait plus. La droite, au contraire, s'était reconstituée. Les 20 et 27 novembre 2016, elle s'offrait à son électorat et se voyait bientôt au pouvoir. Au premier tour de cette élection primaire, François Fillon recueillait 44 % des voix, et 66 % (contre Alain Juppé) au second. Pendant deux mois, note Tabard, « François Fillon a été président de la République - virtuellement mais incontestablement »« Fillon, notait Alexis Brézet dans le Figaroest plus ferme que Juppé, plus calme que Sarkozy. »

Deux mois plus tard, ce ne fut plus qu'une longue crise. La droite retrouvait ses « démons », la « division meurtrière » « l'incapacité à définir un corpus idéologique stable »« la malchance », « la peur, la pusillanimité » … Et elle s'y complaisait jusqu'au bout : au premier tour de la présidentielle, Fillon arrivait troisième, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Lequel était donc élu au second tour. Bel et bien « fils de la Ve République », dit Guillaume Tabard : il incarne à la fois le modernisme de Valéry Giscard d'Estaing et le volontarisme de Nicolas Sarkozy, tout en pratiquant l'élargissement du spectre politique. « Une partie substantielle de la droite se retrouve désormais en lui. »
Le 5 novembre dernier, répondant à Marine Le Pen au sujet des futurs régimes de retraite, Édouard Philippe, l'ancien porte-parole d'Alain Juppé devenu Premier ministre, évoquait au préalable le retour d'un duel présidentiel entre Emmanuel Macron et elle. Comme si cette “assurance vie” pour Macron devait être une “assurance suicide” pour le reste de la droite.
Titre et Texte: François d’Orcival, Valeurs Actuelles, 26-10-2019

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