domingo, 17 de novembro de 2019

Censure, intimidation, coups de force… comment les syndicats étudiants de gauche font régner la terreur sur les universités

Victor-Isaac Anne

Violence et idées courtes en étendards, les syndicats étudiants de gauche sèment un vent de terreur sur les facs. 

Photo: Franck Lodi/SIPA

« Il est interdit d’interdire » scandait l’UNEF soixante-huitarde de Jacques Sauvageot. « Sauf ce qui n’est pas conforme à notre idéologie » devraient préciser les contemporains de cette organisation. En perte de vitesse dans les universités depuis quelques années, les syndicats étudiants de gauche – l’UNEF aux avants postes – comblent leur déficit de représentation par un surcroît de radicalité. Intimidation, censure, atteintes aux biens et à la personne, les méfaits de ces corporations reviennent souvent au-devant de l’actualité. 

Pour Morgane Daury-Fauveau, professeur à la faculté de droit d’Amiens, il y a urgence à agir : « La situation est en réalité déjà dramatique. Il ne s’agit pas d’un épiphénomène réductible à une poignée d’excités. » L’an passé, cette dernière a assisté impuissante à l’interruption d’une conférence sur Jacqueline Sauvage par des étudiants d’extrême gauche. 

Pas plus tard que mardi, François Hollande a été empêché de tenir une conférence à l’université Lille 2, après l’intrusion dans un amphithéâtre d’une cinquantaine d’activistes. Aux cris « d’Hollande assassin ! », la démonstration de force a viré en une séquence d’autodafé. Hués par une partie de l’amphithéâtre, « les militants se sont saisis des livres en vente de l’ancien président, avant de les détruire et les jeter rageusement sur le public », rapporte Cyrille Macron, représentant UNI Lille [Syndicat étudiant de droite, NDLR]. Sans surprise, l’opération de censure est marquée du sceau de l’extrême gauche. Parmi les organisations présentes, le syndicat Solidaires étudiants-e-s identifiable à ses oriflammes noir et orange, SUD Etudiant ainsi que divers affidés, dont les incontournables antifas. 

Les antifas veillent

En cheville avec ces corporations, les antifas prennent une part active dans ces manifestations. Une relation trouble décrite par Clément Armato, délégué national et porte-parole de l’UNI : « L’UNEF, avec qui nous avons régulièrement maille à partir, n’est pas officiellement liée aux antifas. Mais dès que ce syndicat souhaite nous chasser d’un campus, il fait appel à eux. » Une situation à laquelle sont régulièrement confrontés les militants de syndicats étudiants de droite.

En avril dernier, lors d’un tractage à Rennes 2 à l’occasion des élections étudiantes, deux membres de l’UNI ont été passés à tabac par une quarantaine d’opposants de diverses obédiences, anarchistes et antifascistes pour l’essentiel. « Ceux qui ont réchappé ont essuyé divers projectiles dont des bouteilles d’urine et de javel », relate Clément Armato. L’étudiant en droit insiste sur le fait qu’il s’agit de faits récurrents et observables dans de très nombreuses universités du territoire. 

Etudiant en Master d’histoire à Lyon 2 et militant royaliste de l’Action Française, Simon décrit un climat d’hostilité croissante sur son campus. « Les syndicats de gauche récusent toute forme d’opposition sur le site. La violence et l’intimidation leur font office de programme politique. » Pour pouvoir tracter aux abords de l’université, Simon admet devoir s’entourer d’un certain nombre de militants : « A défaut, nous risquons d’être pris individuellement à partie. » Lorsqu’ils ne peuvent pas s’en prendre directement à leurs opposants, ces nervis exercent une autre forme d’intimidation : « Ils repèrent les personnes ayant pris nos tracts et se portent ultérieurement à leur rencontre… », développe le jeune camelot. Ancien étudiant en droit à Lyon 2, Romain se remémore d’autres pratiques inquisitrices de ces syndicats : « Ils n’hésitaient pas à filmer et à prendre en photo leurs opposants afin de les attaquer plus tard, au moment idoine. C’est-à-dire isolés, ou en infériorité numérique. »

Le triomphe de la censure
Mais les étudiants ne sont pas les seules cibles de cette croisade idéologique. Les professeurs aussi sont dans l’œil du cyclone. Morgane Daury-Fauveau rapporte ainsi le cas d’un collègue qui avait reçu des jets d’urine lors d’une conférence à La Sorbonne. Historien du droit, il avait organisé une conférence sur la présomption d’innocence à l’heure de Metoo. « Le colloque a été retardé par un consortium d’étudiants d’extrême-gauche, d’associations féministes et LGBT », précise la directrice de l’institut d’études judiciaires d’Amiens. Si ici la conférence a bien été maintenue, parfois, elles sont purement et simplement annulées. En janvier, toujours à La Sorbonne, plusieurs étudiants d’associations antiracistes avaient obtenu la déprogrammation de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle. Ceux-ci reprochaient au metteur en scène d’avoir grimé les comédiens en personnes noires. 

Plus récemment, c’est la philosophe Sylviane Agacinski qui a vu censurer sa conférence sur la "reproductibilité technique" à l’université de Bordeaux. Le syndicat Solidaires étudiant-e-s Bordeaux, les associations GRRR, Riposte trans, Mauvais Genre-s et WakeUp! avaient déclaré leur intention de « tout mettre en œuvre » pour empêcher la conférence de la philosophe, considérant que « les droits des personnes LGBT ne sont pas à débattre. » Craignant des débordements, l’administration de l’établissement a préféré déprogrammé la venue de la philosophe. 

Ainsi se répand, semaine après semaine, un parfum insidieux de fascisme. C’est pourquoi Mme Daury-Fauveau en appelle à une prise de conscience généralisée et des sanctions disciplinaires ou pénales le cas échéant. « L’absence de réaction est criminelle. Tout le monde semble comme paralysé, soit par la peur, soit par la lâcheté à moins que ce ne soit une forme d’adhésion implicite à ce qui se produit », questionne-t-elle en dernière instance. Dans l'attente d'une réponse, la censure prospère à un rythme de croisière. 
Titre et Texte: Victor-Isaac Anne, Valeurs Actuelles, 14-11-2019

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