quarta-feira, 13 de abril de 2022

Marine Le Pen au second tour : les castors sont de retour

Il n’aura pas fallu bien longtemps, après l’annonce d’un second tour opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, pour qu’une partie du monde politique prenne position et donne ses consignes. Comme en 2017, sa priorité semble être de lutter face aux extrêmes. Mais, en cinq ans, les lignes ont bougé…

Michel Onfray

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qualifiés pour le second tour ce dimanche, avec respectivement 27,8 % et 23,1 % des suffrages exprimés, c’était attendu. Tout comme les réactions qui n’ont pas tardé à suivre. Si Marine Le Pen a su bénéficier tout au long de cette campagne de l’ombre d’un Éric Zemmour plus radical qu’elle — médiatiquement, tout du moins —, une fois privé de ce paravent, elle se retrouve à nouveau en première ligne. Comme en 2017, la candidate va devoir faire face à un « barrage républicain ».

Le front des candidats déçus

Valérie Pécresse (LR), Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV), grands perdants de ce scrutin, ont immédiatement tenu à affirmer une position sans équivoque. « Ce soir, nous prenons une fois de plus nos responsabilités, sans hésitation et sans ambiguïté (…) J’appelle à faire barrage à l’extrême droite en déposant dans l’urne un bulletin Emmanuel Macron le 24 avril prochain », a scandé le candidat écologiste. « Je vous appelle avec gravité à voter contre l’extrême droite de Marine Le Pen en vous servant du bulletin de vote Emmanuel Macron », a déclaré plus tôt la maire de Paris. Quant à la candidate LR, elle a expliqué voter « en conscience Emmanuel Macron pour empêcher l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait ». Fabien Roussel (PCF) a également exprimé une position similaire, expliquant qu’il ne « permettrait jamais qu’un projet raciste et xénophobe soit mis en œuvre à la tête de l’État ».

Échouant à près de 300.000 voix du second tour, Jean-Luc Mélenchon (LFI) entend demander à ses militants quelle position adopter lors du scrutin… tout en exigeant de ne « pas donner une seule voix à Madame Le Pen ». Une position assez similaire du côté de Philippe Poutou (NPA), pour qui « pas une voix ne doit aller à l’extrême droite », sans aller jusqu’à appeler à voter Emmanuel Macron. Nathalie Arthaud (LO) considère pour sa part que « les travailleurs n’ont pas à cautionner par leur vote leur futur oppresseur ». Enfin, Jean Lassalle (Résistons !) ne donne pas, pour l’heure, de consigne de vote : « puisque vous avez été intelligents au point de nous choisir malgré tant de difficultés, je vous fais totalement confiance pour faire votre choix ».

Autre perdant de l’élection, Éric Zemmour (Reconquête!) qui n’a réussi qu’à obtenir 7 % des suffrages, loin derrière la candidate RN, mais 3 points devant Valérie Pécresse. « J’ai bien des désaccords avec Marine Le Pen, je les ai abordés pendant cette campagne », a tout d’abord expliqué le candidat. Avant de préciser, « il y a face à Marine Le Pen un homme qui a fait entrer deux millions d’immigrés, un homme qui n’a pas dit un mot d’identité, de sécurité, d’immigration dans sa campagne ». En conséquence de quoi « je ne me tromperai pas d’adversaire, c’est la raison pour laquelle j’appelle mes électeurs à voter pour Marine Le Pen ». Une position similaire à celle de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) qui demande de « tout faire pour éviter la disparition de la France avec Emmanuel Macron » et appelle donc à voter « Marine Le Pen »

Castors fatigués

Les différents états-majors ont globalement suivi leurs dirigeants dans la soirée du dimanche et ce lundi matin. Éric Coquerel (LFI) a repris les éléments de langage de Mélenchon et a appelé à « ne pas donner une seule voix à Marine Le Pen », tout comme Adrien Quatennens, qui considère « le vote pour l’extrême droite » comme n’étant « pas une option ». Même son de cloche chez les écolos ; Delphine Batho (EELV) appelle ainsi à « empêcher l’extrême droite d’accéder aux responsabilités en France », tout en alertant : « Rien n’est joué et le danger est réel ». Tout comme Julien Bayou, qui « réitère l'appel à faire battre l'extrême droite ». Et commente : « C'est la priorité même si ce n'est pas de gaîté de cœur que nous appelons à utiliser le bulletin Macron ». Chez LR, Rachida Dati considère que ses différends avec Emmanuel Macron « sont moins graves que de voir arriver au pouvoir » le RN. À l’inverse, Gilbert Collard, Nicolas Bay, Stéphane Ravier, transfuges du RN à Reconquête! pendant cette campagne présidentielle, déclarent vouloir voter Marine Le Pen. Tout comme le porte-parole du parti d’Éric Zemmour, Guillaume Peltier, qui explique « avoir 15 jours pour faire gagner Marine Le Pen ».

Pour autant, quelques voix restent discordantes. Chez les Républicains, si aucun ténor du parti n’a pour le moment appelé ou déclaré vouloir voter pour Marine Le Pen, les députés Éric Ciotti et Julien Aubert ont expliqué ne pas envisager voter Emmanuel Macron au second tour. À gauche, le maire (EELV) de Grenoble Éric Piolle, s’il avoue qu’il votera pour l’ancien président de la République le 24 avril, alerte : « Depuis que j’ai l’âge de voter, on nous fait construire des barrages contre l’extrême droite. Ce soir je dis à Emmanuel Macron que les castors sont fatigués ».

Pour être efficace, un bon barrage des castors a besoin d’un ciment : la peur. En 2017, Emmanuel Macron avait multiplié les commémorations. Une manière bien commode, à l’époque, de jouer la carte (bien pratique) de la reductio ad hitlerum contre Marine Le Pen. S’il ne semble pas vouloir réitérer ces déplacements cette année, il a toutefois déjà commencé à extrémiser son adversaire, dont il qualifiait le programme de « raciste » dans une interview accordée au Parisien le 7 avril. Une stratégie qui sera encore efficace cinq ans plus tard ? Dimanche soir, un sondage Elabe pour BFM TV présentait le président sortant vainqueur avec 52 % des opinions exprimées versus 48 % pour son adversaire. L’écart se resserre ; autant dire que les castors ont du boulot.

Titre et Texte: Michel Onfray, Front Populaire, 12-4-2022

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