quarta-feira, 17 de novembro de 2021

Tous indiens désormais

Sébastien Lapaque

Plus  que  Tristes  Tropiques (1),  c’est  Saudades  do  Brasil (2), un album de photographies prises entre 1935 et    1939  à  São  Paulo,  dans  la  Serra  da  Mantiqueira,  le Santa Catarina et le Goiás, chez les Indiens caduveo,  les  Bororo  et  les  Nambikwara,  en  Amazonie,  à  Cuiabá et Salvador de Bahia, qui est le plus fascinant dans l’aventure sud-américaine  de  Claude  Lévi-Strauss.  Cette  collection  de  clichés  brésiliens – auxquels se mêlent deux clichés boliviens pris à Santa Cruz de la Sierra – publiée et présentée par l’ethnologue en 1994 n’était pas inconnue. L’édition originale de Tristes Tropiques, parue en 1955 chez Plon dans la collection « Terre humaine », était ainsi accompagnée de soixante-deux photographies hors-texte de l’auteur. Mais leur découverte  reste  toujours  un  choc  pour  les  amoureux  du  Brésil.  Car  ces  210 clichés en noir et blanc, aujourd’hui déposés au musée du Quai Branly - Jacques-Chirac, sont d’une grande richesse.

Le  plus  grand  ethnologue  français  demeure  pourtant  un  photographe  méconnu.  Peut-être  parce  que  lui-même  n’a  jamais  voulu  accorder  beaucoup  de  valeur  à  ses  clichés.  «  Je  ne  me  prétends  pas  photographe, même amateur (ou plutôt, je ne le fus qu’au seul Brésil : le goût m’a passé depuis). » Malgré ses dénégations, il est cependant permis de dire que l’arrière-petit-fils du violoniste et chef d’orchestre Isaac  Strauss  et  le  fils  de  l’artiste  peintre  Raymond  Lévi,  qui  l’initia  à  l’art  des  tirages  photographiques,  fut  non  seulement  un  immense  savant, mais aussi un artiste qui possédait une tête, une oreille et un œil. Saudades  do  Brasil  est  d’ailleurs  un  titre  emprunté  au  compositeur  Darius  Milhaud,  qui  a  été  secrétaire  à  l’ambassade de France à Rio de Janeiro sous la direction de Paul Claudel dans les années 1917-1918. Et l’un des plus beaux livres de Claude Lévi-Strauss ne s’appelle pas fortuite-ment Regarder, écouter, lire (3). « Supprimer au  hasard  dix  à  vingt  ans  d’histoire  n’affec-terait pas de façon sensible notre connaissance de la nature humaine. La seule perte irremplaçable serait celle des œuvres d’art que les siècles auraient vu naître », écrit-il dans cette déclaration d’amour à l’univers des formes qu’il jugeait infiniment supérieur à celui des concepts.

Claude  Lévi-Strauss  et  sa  première  épouse,  Dina  Dreyfus  (1911-1999), n’ont cependant pas photographié le Brésil en artistes, comme a  pu  le  faire  Pierre  Verger  à  Salvador  de  Bahia  après-guerre.  Ils  ont  pris  des  photos  comme  d’autres  auraient  pris  des  notes  alors  que  ce  dernier,  autodidacte,  s’est  d’abord  vu  comme  un  grand  reporter  qui  vendait ses clichés à Paris-soir, au Daily Mirror et à Life. Le parallèle entre leurs démarches est frappant. Quand la photographie a fait de Pierre Verger un ethnologue reconnu (4), c’est l’ethnologie qui a fait des Lévi-Strauss des photographes dont on peut aujourd’hui admirer le travail comme une authentique œuvre d’art.

Débarqués au Brésil en février 1935, ces deux agrégés de philosophie qui s’étaient connus à la Sorbonne avaient été missionnés pour enseigner la sociologie au sein de la Faculté de philosophie, lettres et sciences humaines (FFLCH) de la toute jeune Université de São Paulo (USP), créée une année avant leur arrivée.

Fasciné  par  cette  aventure,  j’ai  eu  le  privilège  d’en  parler  avec  Claude Lévi-Strauss dans son appartement du quartier de Passy à Paris rempli de souvenirs du Brésil.

«  Lorsque je suis arrivé au Brésil en 1935, ma connaissance  de  ce  pays  était  très  livresque.  J’en  connaissais  naturellement quelques images, mais c’est d’abord dans les livres que j’avais trouvé tout ce que je savais... J’avais lu, avant de partir, l’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil de Jean de Léry (5). Je ne sais plus exactement dans quelles circonstances... Il ne devait pas être facile de se procurer ce livre à l’époque. À la bibliothèque du musée de l’Homme, où j’entreprenais mes recherches, il y avait sans doute une ancienne édition du XIXe siècle. Ce fut un enchantement de découvrir les côtes du Brésil, la  baie  de  Rio  de  Janeiro,  la  faune,  la  flore  et  les  indi-gènes dans la relation d’un voyageur qui m’avait précédé de quatre siècles. »

Publiée en 1578, l’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil de Léry  est  non  seulement  le  bréviaire  de  l’ethnologue,  mais  aussi  un  monument fondateur d’une longue histoire d’amour entre la France et le Brésil dont Claude Lévi-Strauss avait conscience avant de regarder monter des étoiles nouvelles en un ciel ignoré.

« Georges Dumas, le médecin et philosophe par l’intermédiaire  duquel  j’ai  traversé  l’Atlantique  pour  enseigner à l’Université de São Paulo, était en quelque sorte l’incarnation de ces liens. En 1916, c’est lui qui avait fondé  le  lycée  français  de  Rio...  Pour  les  jeunes  pro-fesseurs  que  nous  étions  (6),  la  découverte  de  l’attachement  du  Brésil  pour  la  France  fut  une  expérience  merveilleuse.  Nous  avons  d’ailleurs  compris  que  cet  attachement  était  très  ancien.  Dans  Nus,  féroces  et  anthropophages (7), un livre du XVIe siècle, le voyageur allemand Hans Staden écrit qu’il s’est présenté comme l’ami  des  Français  pour  éviter  d’être  dévoré  par  des  Indiens qui l’avaient capturé ! »

À  distance,  cette  histoire  d’amitié  entre  les  Français  et  les  tribus  indiennes tient du mythe – non pas de l’affabulation, mais de l’énoncé considéré comme vrai (muthos), de l’acquisition pour toujours digne d’être retenue dans la mémoire des hommes.

« L’amitié  entre  les  Français  et  les  Indiens  s’explique  par les conditions mêmes de l’exploration des côtes du Brésil. Dès le début du XVIe siècle, il y avait des Français qui s’étaient installés à demeure sur la terre ferme... Des témoignages portugais attestent qu’en 1504 il y avait au moins cinq navires français au mouillage sur la côte brésilienne du côté de l’actuel État de Santa Catarina (8). En ce temps-là, les Portugais n’avaient pas encore engagé de  politique  de  colonisation.  Les  cinquante  premières  années du XVIe siècle furent sans doute l’époque bénie des relations entre Français et Tupinambas. Jusqu’à l’expédition de Villegagnon et l’établissement de la France antarctique,  dans  la  baie  de  Guanabara,  en  1555,  les  contacts  n’étaient  pas  du  tout  une  affaire  de  politique  du roi de France. C’était l’initiative de marchands et de navigateurs  bretons  et  normands  qui  voulaient  simplement  se  procurer  les  biens  précieux  que  l’on  trouvait  là-bas. C’était du petit trafic indépendant, fondé sur le troc,  beaucoup  plus  libre  qu’une  politique  étatique.  La  langue n’était même pas une barrière. »

Dans cette histoire pleine de bruits et de couleurs, le plus fascinant est  le  système  des  truchements,  c’est-à-dire  de  l’intégration  d’un  ou  plusieurs jeunes Français dans une tribu sauvage afin de pouvoir com-mercer avec elle de manière rationnelle.

«   Des  garçons  français  assez  hardis  pour  rester  sur  la  côte du Brésil, où ils avaient pris racine, avaient fini par apprendre la langue des Indiens et servaient de truche-ments  aux  marchands.  Sans  ces  truchements,  André Thevet, qui n’a passé que quelques semaines au Brésil et qui était constamment malade à Rio de Janeiro, n’aurait jamais  pu  rapporter  la  masse  d’informations  diverses  contenues  dans  les  Singularités  de  la  France  antarctique  (9).  Il  n’a  pas  enquêté  lui-même,  puisqu’il  était  au lit. Il devait être entouré de truchements qui lui ont parlé  de  la  faune  et  de  la  flore,  du  fonctionnement  de  la société tupinamba et des rituels anthropophages. Ces Français qui vivaient avec les Indiens et qui avaient souvent femme et enfants étaient accusés par les Portugais de s’être ensauvagés et de manger de la chair humaine... On  peut  penser  que  cela  arrivait...  La  fascination  des  aventuriers  français  pour  les  Indiens  ne  doit  pas  nous  étonner. Il faut se souvenir qu’à l’époque l’étranger avait un grand prestige en tant qu’étranger. Tout individu né ailleurs était alors l’objet d’une forte curiosité. Et quand un  Indien  du  Brésil  était  présenté  à  Rouen  (1550)  ou  au Louvre (1614), il lui suffisait d’avoir été baptisé pour devenir un ami et même un allié du roi de France. »

Loin  de  la  bibliothèque  du  musée  de  l’Homme,  Claude  Lévi-Strauss  a  cependant  d’abord  eu  affaire  à  un  tout  autre  Brésil  que  le  pays  décrit  dans  les  livres  des  vieux  voyageurs.  En  février  1935,  la  découverte  de  São  Paulo,  ville  aux  maisons  jaunes,  roses,  rouges  ou  bleues dont la population d’un million d’habitants était pour moitié composée d’immigrés italiens, fut un choc pour ce jeune homme alors âgé  de  26  ans.  «  Bâtiments  civils  ou  religieux  de  l’époque  coloniale,  longues rues bordées d’échoppes ou de logements, tous de plain-pied, peints à la chaux en couleurs tendres... (10) »

«  Mais je ne fus pas surpris, en arrivant à São Paulo, de découvrir que la France et le Brésil étaient presque deux pays unis. Songez que, dans le cadre de la mission universitaire, nous donnions nos cours en français à São Paulo sans  aucun  problème.  À  cette  époque,  toute  la  bonne société brésilienne parlait couramment français... Nous nous  savions  les  héritiers  de  la  Mission  artistique  française arrivée à Rio de Janeiro en 1816. Nous admirions Jean-Baptiste  Debret  et  ses  aquarelles  représentant  des  scènes  de  la  vie  quotidienne  à  Rio  de  Janeiro  et  dans  l’intérieur du pays... »

En 1935, São Paulo avait une beauté singulière due aux contrastes architecturaux, au foisonnement des formes, à la variété des couleurs. Jour  après  jour,  elle  changeait  à  vue  d’œil.  On  songe  à  l’émerveillement  de  Blaise  Cendrars,  débarqué  une  décennie  auparavant  et  lui  aussi tombé amoureux de « Saint-Paul », cette ville cubiste.

« J’adore cette ville 
Saint-Paul est selon mon cœur 
Ici nulle tradition 
Aucun préjugé 
Ni ancien ni moderne 
Seuls comptent cet appétit furieux cette confiance 
absolue cet optimisme cette audace ce travail ce labeur 
cette spéculation qui font construire dix maisons par 
heure de tous styles ridicules grotesques beaux grands 
petits nord sud égyptien yankee cubiste
Sans autre préoccupation que de suivre les statistiques
prévoir l’avenir le confort l’utilité la plus-value et 
d’attirer une grosse immigration 
Tous les pays 
Tous les peuples 
J’aime ça 
Les deux trois vieilles maisons portugaises qui restent
sont des faïences bleues. (11) »

Claude  Lévi-Strauss  a  lui  aussi  été  enivré  par  cet  appétit,  cette  confiance,  cet  optimisme,  cette  audace...  Les  premiers  regards  qu’il  a portés sur le Brésil témoignent de sa fascination pour ses paysages urbains mêlant l’ancien et le nouveau, les constructions orgueilleuses et les rues délabrées. Au Brésil, la nature n’a jamais renoncé à ses privilèges, elle semble prête à prendre sa revanche sur l’œuvre de l’homme. L’homme ne se laisse pas faire et conquiert année après année d’im-menses espaces.

« L’extension de la ville brésilienne a toujours eu un caractère implacable... Je m’y suis beaucoup intéressé. C’est un des aspects essentiels de la personnalité du pays. La naissance d’une ville, qui s’étale sur des siècles ou sur des millénaires dans l’Ancien Monde, prenait quelques années ou quelques mois au Brésil à l’époque où je l’ai connu. Pour le sociologue, cela constituait une sorte d’expérience toute faite. Et, comme j’étais venu à São Paulo pour enseigner la sociologie, j’envoyais mes élèves observer leur quartier ou leur rue. À São Paulo, on disait alors qu’on construisait une maison par heure. Cela changeait tous les jours. Nous observions également que les villes étaient en train de se construire, au bord du chemin de fer qui pénétrait dans l’ouest de l’État de São Paulo et du Paraná. C’était très étonnant. La première ville avait 2 000 habitants, celle d’après n’en avait plus que 90, vingt kilomètres plus loin, elle en avait 40, et vingt kilomètres plus loin elle n’en avait plus qu’un seul. »

Fascinés par la constitution de la grande ville brésilienne dont a merveilleusement parlé le sociologue paulistano Sérgio Buarque de Holanda dans Raízes do Brasil (12), Claude et Dina Lévi-Strauss n’avaient pas débarqué au Brésil pour célébrer la modernité de ses usines, de ses cinémas, de ses terrains d’aviation, de ses palaces, de ses gratte-ciel, de ses paquebots, de ses tunnels, de ses automobiles, de ses collections de  peinture  moderne,  de  ses  stades  de  football  et  de  son  éclairage  électrique  à  la  manière  de  Blaise  Cendrars.  Dans  l’entourage  des  écrivains  du  mouvement  anthropophage  emmenés  par  le  poète  et  agitateur  Oswald  de  Andrade,  Dina  s’était  passionnée  pour  les  mœurs et le folklore des Indiens du Brésil, persuadée que les cultures indigènes étaient condamnées à une mort inéluctable par la civilisa-tion occidentale.

Claude Lévi-Strauss ne le raconte pas dans Tristes Tropiques, mais il doit  à  sa  première  femme  son  intérêt  pour  l’ethnologie.  À  São  Paulo,  elle fonda même la discipline (13). C’est ainsi, au début de l’automne austral 1935, que Claude et Dina Lévi-Strauss ont laissé leurs collègues rentrer en Europe pour les grandes vacances, et sont partis pour le Mato Grosso, en train à vapeur puis à cheval, à la rencontre des Indiens caduveo  et  bororo,  persuadés  de  devoir  «  recueillir  ce  qui  subsiste  encore,  et qui disparaîtra bientôt ». Les photographies qui témoignent de leur rencontre  avec  les  Bororos,  qui  vivaient  à  la  frontière  du  Brésil  et  du  Paraguay,  sont  poignantes.  Elles  montrent  des  femmes  et  des  enfants  aux magnifiques peintures faciales. Sur certaines d’entre elles, la bouche devient une fleur étrange et compliquée, sur d’autres, un pendentif distingue une organisation sociale structurée autour de la notion de service.

«  En 1935, il était très facile de partir à la rencontre des Indiens... J’avais trouvé une carte de l’État de São Paulo, datant  de  1915,  qui  représentait  la  moitié  de  l’État  en  blanc, avec pour seule mention “Terres inconnues occupées par les Indiens”. C’était cependant une époque où les Indiens étaient allègrement exterminés. »

La  première  expédition  de  Claude  Lévi-Strauss  dans  le  Mato  Grosso avait été motivée par la crainte d’une destruction irrémédiable de  la  civilisation  indienne.  Soixante-dix  ans  plus  tard,  lorsque  je  lui  en ai parlé, c’est à la destruction de notre propre civilisation qu’il songeait. Il parlait cependant sans amertume, avec une grande attention pour son interlocuteur et une immense gentillesse. C’était en 2005, le maître avait rendu sa copie depuis longtemps. Il ne craignait plus les polémiques  déclenchées  à  l’Unesco  en  mars  1971  par  sa  conférence  «  Race  et  culture  »  (14),  prononcée  à  l’invitation  de  Roger  Caillois.  Les  photographies  et  la  préface  de  Saudades  do  Brasil  permettent  de  comprendre son pessimisme de grand style.

«   De plus en plus, les avancées de la science et de la technique, y compris les conquêtes de la médecine – bienfait pour  les  individus  et  méfait  pour  l’espèce  –,  ont  pour  bénéfice  principal,  souvent  pour  excuse  alléguée,  de  compenser les conséquences néfastes engendrées par les progrès  précédents.  Ce  faisant,  d’autres  conséquences  néfastes résultent, auxquelles il faudra inventer d’autres progrès  pour  remédier.  Expropriés  de  notre  culture,  dépouillés de valeurs dont nous étions épris – pureté de l’eau et de l’air, grâces de la nature, diversité des espèces animales  et  végétales  –,  tous  indiens  désormais,  nous  sommes  en  train  de  faire  de  nous-mêmes  ce  que  nous  avons fait d’eux. (15) »

Quand j’ai quitté Claude Lévi-Strauss, heureux de voir son écriture sur la page de titre de Tristes Tropiques – « Pour Sébastien Lapaque, qui partage avec moi l’amour que je conserve pour le Brésil, pays qu’au-jourd’hui il connaît mieux que moi » –, j’ai compris l’air accablé du jeune Indien nambikwara sur la couverture du livre.

Titre et Texte: Sébastian Lapaque, Revue des Deux Mondes, novembre 2021

1. Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, coll. « Terre humaine », Plon, 1955. 
2. Claude Lévi-Strauss, Saudades do Brasil, Plon, 1994. 
3. Claude Lévi-Strauss, Regarder, écouter, lire, Plon, 1993. 
4. Cf. Jérôme Souty, Du regard détaché à la connaissance initiatique : Pierre Fatumbi Verger, Maisonneuve & Larose, 2007. 
5. Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, Le Livre de Poche, préface de Claude Lévi-Strauss, édition de Frank Lestringant, 1994. 
6. Parmi eux, l’historien Fernand Braudel, le géographe Pierre Monbeig et le sociologue Roger Bastide. 
7. Hans Staden, Nus, féroces et anthropophages, Métailié, 2005. 
8. Leyla Perrone-Moisés, Le Voyage de Gonneville (1503-1505) et la découverte de la Normandie par les Indiens du Brésil, coll. « Magellane », Chandeigne, 1995. 
9. Le Brésil d’André Thevet. Singularités de la France antarctique (1557), édition de Frank Lestringant, coll. « Magellane poche », Chandeigne, 2011. 
10. Claude Lévi-Strauss, Saudades do Brasil, op. cit., p. 20. 
11. Blaise Cendrars, « Saint-Paul » in Feuilles de route, Au Sans Pareil, 1924 ; repris dans Du monde entier. Poésies complètes 1912-1924, Poésie/Gallimard, 1967. 
12. En français, Racines du Brésil, coll. « Arcades », Gallimard, n° 56, 1998. 
13. Dina Dreyfus, Instruções práticas para pesquisas de antropologia física e cultural, Boletim da Sociedade de Etnografia e Folclore, São Paulo, 1936. 
14. Repris dans Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Albin Michel, 2002. 
15. Claude Lévi-Strauss, Saudades do Brasil, op. cit., pp. 18-19.


Uma reconstituição da experiência que o pensador francês, Lévi-Strauss, teve no Brasil, no início da carreira. O antropólogo, que chegou aqui em 1935, fazia parte da segunda leva de professores europeus que vieram dar aula na recém-criada USP. 
Direção: Maria Maia. 
Publicado na internet em 4 de novembro de 2019

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